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LE VOYAGE PHILOSOPHIQUE

LE VOYAGE PHILOSOPHIQUE

Aliments pour une réflexion philosophique


UNE FOIS POUR TOUTES : DÉTERMINISME ET FATALISME SONT INCOMPATIBLES

Publié par medomai sur 20 Décembre 2016, 14:31pm

Catégories : #FATALISME, #LIBERTE, #PHILOSOPHIE, #LIBERTÉ, #DÉTERMINISME, #CAUSALITÉ, #LOIS, #NATURE, #LIBRE ARBITRE

(source : m0llsballs@tumblr)

(source : m0llsballs@tumblr)

Il faut avoir les idées claires sur la différence : non seulement le déterminisme ne conduit pas au fatalisme, mais ils sont strictement incompatibles et contradictoires. Or bon nombre de gens par confusion rejettent l’un, au motif qu’il signifierait l’autre. De là beaucoup de sottises.

 

Soyons précis : le fataliste est celui qui, comme le héros de Diderot, affirme à tout bout de champ : « je vous l’avais bien dit, c’était écrit ».

 

Autrement dit, quoiqu’il arrive, que l’on agisse ou non, l’événement futur est fixé à l’avance ; une fois connu, il n’est point question de le faire changer. Fatalement, j’échouerai à l’examen se dit le cancre, fatalement, nous serons vaincus, se dit le défaitiste ; fatalement, ma vie sera brève se dit le client sortant de chez la voyante ; fatalement, on devait échouer se dit l’amant déçu. Les uns et les autres ne voient pas qu’ils se veulent tels : ils se veulent ou se sont voulus échouant, vaincu, imprudent ou déçu.

 

Le fataliste a en effet d’abord une curieuse conception du temps, de pure discontinuité dirait-on. Aucun événement n’est lié aux précédents comme ses conditions, tous sont prédéterminés en soi et indépendamment de tous les autres. La seule condition de chaque événement, car ils en ont une, c’est qu’il sont tous liés à une cause immuable, qui n’est pas susceptible de changer : le fatum, la volonté absolue d'une divinité, le destin. Autrement dit, le principe de causalité est simple, et facile : tout n’a qu’une seule cause, la cause universelle pourrait-on dire, l’unique condition de toutes choses. Il n’y a pas de lois de la nature, il n’y a qu’un grand récit immuable.

 

Principe de causalité fataliste : quelles que soient les causes, ce sera toujours le même effet ; réciproquement, quel que soit l'effet c'est toujours la même cause. Autrement dit, que je prenne la voiture ou pas, que je prépare mon discours ou non, que nous fassions l’effort de nous aimer ou rien : nihil praeponderat. Les causes phénoménales ne sont plus des conditions, elles ne sont qu’apparentes, facultatives, sans importance. La seule cause immuable a déjà tout programmé, tout écrit : que je marche vite ou lentement, je devais trébucher à cet endroit précis, « c’était fatal ».

 

Le déterministe, si l’on veut bien l’écouter, dit toute autre chose. Principe de causalité déterministe : les mêmes causes étant réunies, on obtiendra les mêmes effets ; tandis que réunir des causes différentes, c'est éventuellement produire un effet différent. En somme, les causes sont des conditions réelles, elles sont prises au sérieux : toutes sont la plupart du temps nécessaires (mais pas absolument ni toujours : dans certains cas, d'autres causes étant données, le même effet pourrait se produire : plusieurs sortes de causes peuvent déclencher la fièvre), aucune d’entre elles n’est suffisante isolément, car il faut toutes les réunir pour voir l’effet se produire (si les phénomènes sont bien liés par la loi déterministe que suggère la théorie).

 

Qui donc agit sur les causes, change les effets ; rien n’est écrit, tout dépend, tout repose sur d’innombrables conditions. Il y a des lois, certes, mais il y en a plusieurs, il y en a même beaucoup, et elles ne décident pas de tout : elles ne valent que dans certaines circonstances, sous certaines conditions. L’eau ne bout pas partout et toujours à 100°C : changez la pression (fond de l’océan, sommet de l’Everest) ou changez la composition et elle ne bouillira plus à 100 degrés Celsius. Mais pour le fataliste, c'est écrit : quoiqu'il arrive, ici ou au fond des mers, elle devra bouillir à 100°C (et il se moque bien de réfléchir aux paramètres précis de sa prédiction : il veut une théorie irréfutable, car il est toujours facile d'être fataliste... a posteriori) !

 

Conclusions : la liberté ne se décrète pas, ne sort pas de nulle part, n’a rien d’un miracle, mais représente toujours une conquête de l’esprit, car intelligence et volonté ne se construisent et ne se fortifient qu’ensemble.

 

Autrement dit, ceux qui opposent déterminisme et liberté devraient y penser à deux fois.

 

Et ceux qui confondent fatalisme et déterminisme devraient se demander s'ils sont vraiment compatibles.

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Benrtiop 22/01/2019 05:06

Le fatalisme supprime le libre-arbitre et, par là, il se rapproche du déterminisme...

22/01/2019 20:27

Bonjour. Je ne crois pas que le déterminisme supprime nécessairement le libre arbitre, du moins lorsqu'il est correctement compris.
Bien à vous.

Emmanuel 06/11/2018 00:07

Bonjour,

Merci pour votre article qui affiche clairement la volonté de démarquer le déterminisme du fatalisme. Pourtant, je ne comprends toujours pas. Je m'explique.
Si le déterminisme représente le fait que tout dans l'univers soit uniquement des conséquences des causes à effets, et qu'il n'y a absolument rien d'autre à cela, pas de libre-arbitre (c'est-à-dire pas de possibilité de faire des choix, des pensées qui sortiraient de nulle part) alors c'est forcément du fatalisme.
Le fait que l'Histoire soit déjà écrite comme le prétend un fataliste ou qu'elle ne le soit pas, cela ne change rien. Si cause A + cause B => effet C alors C arrivera forcément (qu'il soit écrit à l'avance ou non) puisqu'il n'y a personne dans l'univers qui n'a la possibilité de faire de choix et donc d'influencer la mécanique céleste par des éléments non-causaux.
Si l'on admet le libre-arbitre alors effectivement on devient capable de faire des choix réels, c'est-à- dire des choix libres, c'est-à-dire des choix qui échappent à toute relation de causalité mathématique, alors effectivement dans ce cas l'effet C peut arriver ou peut ne pas arriver. Mais dans ce cas là on sort également du déterminisme car il y a quelque chose de plus que la grande mécanique universelle de causes à effets, et ce quelque chose est créateur de cause.
Si l'on nie l'existence du libre-arbitre et que tous nos choix ne sont que le produits de nos pensées qui sont elles-même rien de plus que la conséquence d'un nombre incalculable de paramètres de notre environnement, alors on ne peut que penser X dont la conséquence ne pourra que être Y (par principe de cause à effet déterministe), et donc Y est une fatalité. Le fait qu'il y ait un nombre incalculable de paramètres qui soit pris en compte pour aboutir à une conséquence ne signifie pas que cette conséquences pourrait avoir deux valeurs possibles.
Si il y a dix milliards de paramètres environnementaux à prendre en compte à l'instant t (t définit au millième de seconde) pour créer la conséquence C, alors quand ces dix milliards de paramètres se produisent il ne pourra que en résulter C. Et pas "soit C1, soit C2". Et si cette gigantesque mécanique ne pouvait QUE produire C alors il en était pareil pour les dix milliards de paramètres, et par logique déterministe l'ensemble (paramètre1, paramètre2, paramètre3, ........, paramètre 10 000 000 000) ne pouvaient QUE se produire à l'instant t défini au millième de seconde. --> Tout cela devait fatalement arriver. Si tout ce qui arrive dans l'Univers n'est que le fruit d'une gigantesque mécanique, alors Déterminisme entraine forcément fatalité.

06/11/2018 15:18

Bonjour Emmanuel,

Compte tenu de vos prémisses vous avez raison quant à votre conclusion que je reproduis ici : "Et si cette gigantesque mécanique ne pouvait QUE produire C alors il en était pareil pour les dix milliards de paramètres, et par logique déterministe l'ensemble (paramètre1, paramètre2, paramètre3, ........, paramètre 10 000 000 000) ne pouvaient QUE se produire à l'instant t défini au millième de seconde. --> Tout cela devait fatalement arriver. Si tout ce qui arrive dans l'Univers n'est que le fruit d'une gigantesque mécanique, alors Déterminisme entraine forcément fatalité."

"Fatalité" peut-être (ça reste à voir), mais déjà pas fatalisme... puisqu'on peut agir sur les causes et changer l'événement prédit...

Autre remarque : cette "logique déterministe" comme vous l'appelez (je ne suis pas si sûr que ce soit purement une "logique", mais c'est un autre débat) soulève une question : y a-t-il moyen de s'arrêter dans votre remontée en arrière de paramètres en paramètres, pour obtenir une somme finie (même très complexe) de paramètres ? Car vous supposez un univers fini dans le temps et l'espace, mais sur quelles bases ?

Et si l'enquête sur les paramètres ne s'arrêtait jamais et que nous n'atteignons jamais ce "point de vue de Dieu" (de la grande monade), qui nous autoriserait enfin à dire : compte tenu de la somme X de paramètres, alors l'événement Y se produit inévitablement ? Dans la négative, il nous faudrait conclure que tout déterminisme est "local", "limité", reposant sur des conditions ou paramètres que nous ne pouvons TOUS connaître : ainsi notre jugement n'est pas et ne sera jamais, comme vous le dites, d'une nécessité purement "mathématique" ou "logique"...

C'est ce que l'on est conduit à penser si l'on admet que temps et espaces sont de dimensions infinies. C'est ce que je veux dire quand je suggère que "des lois, il y en a beaucoup, et elles ne gouvernent pas tout..."

Dans ce cas, aucun "système humain" n'en épuisera la logique, qui n'est pas une logique d'ailleurs mais une rationalisation de l'observation.

Or j'ai bien peur qu'une conception indéterministe du libre arbitre et de l'univers - telle que celle que vous adoptez, si j'ai bien saisi vos propos -, ne puisse en aucune façon résoudre le problème de façon satisfaisante. Pour la possibilité de rendre cohérent un déterminisme précis et un conception plus raisonnable (de mon point de vue) du libre arbitre, puis-je me permettre de vous renvoyer aux billets suivants ?

http://medomai.over-blog.com/2018/01/hasard-et-liberte.html

http://medomai.over-blog.com/2018/01/concept-d-un-monde-indetermine.html

http://medomai.over-blog.com/2018/02/la-liberte-n-est-pas-indetermination-mais-sous-determination.html

Bien à vous.

Emmanuel 06/11/2018 00:07

Bonjour,

Merci pour votre article qui affiche clairement la volonté de démarquer le déterminisme du fatalisme. Pourtant, je ne comprends toujours pas. Je m'explique.
Si le déterminisme représente le fait que tout dans l'univers soit uniquement des conséquences des causes à effets, et qu'il n'y a absolument rien d'autre à cela, pas de libre-arbitre (c'est-à-dire pas de possibilité de faire des choix, des pensées qui sortiraient de nulle part) alors c'est forcément du fatalisme.
Le fait que l'Histoire soit déjà écrite comme le prétend un fataliste ou qu'elle ne le soit pas, cela ne change rien. Si cause A + cause B => effet C alors C arrivera forcément (qu'il soit écrit à l'avance ou non) puisqu'il n'y a personne dans l'univers qui n'a la possibilité de faire de choix et donc d'influencer la mécanique céleste par des éléments non-causaux.
Si l'on admet le libre-arbitre alors effectivement on devient capable de faire des choix réels, c'est-à- dire des choix libres, c'est-à-dire des choix qui échappent à toute relation de causalité mathématique, alors effectivement dans ce cas l'effet C peut arriver ou peut ne pas arriver. Mais dans ce cas là on sort également du déterminisme car il y a quelque chose de plus que la grande mécanique universelle de causes à effets, et ce quelque chose est créateur de cause.
Si l'on nie l'existence du libre-arbitre et que tous nos choix ne sont que le produits de nos pensées qui sont elles-même rien de plus que la conséquence d'un nombre incalculable de paramètres de notre environnement, alors on ne peut que penser X dont la conséquence ne pourra que être Y (par principe de cause à effet déterministe), et donc Y est une fatalité. Le fait qu'il y ait un nombre incalculable de paramètres qui soit pris en compte pour aboutir à une conséquence ne signifie pas que cette conséquences pourrait avoir deux valeurs possibles.
Si il y a dix milliards de paramètres environnementaux à prendre en compte à l'instant t (t définit au millième de seconde) pour créer la conséquence C, alors quand ces dix milliards de paramètres se produisent il ne pourra que en résulter C. Et pas "soit C1, soit C2". Et si cette gigantesque mécanique ne pouvait QUE produire C alors il en était pareil pour les dix milliards de paramètres, et par logique déterministe l'ensemble (paramètre1, paramètre2, paramètre3, ........, paramètre 10 000 000 000) ne pouvaient QUE se produire à l'instant t défini au millième de seconde. --> Tout cela devait fatalement arriver. Si tout ce qui arrive dans l'Univers n'est que le fruit d'une gigantesque mécanique, alors Déterminisme entraine forcément fatalité.

Emmanuel 06/11/2018 00:06

Bonjour,

Merci pour votre article qui affiche clairement la volonté de démarquer le déterminisme du fatalisme. Pourtant, je ne comprends toujours pas. Je m'explique.
Si le déterminisme représente le fait que tout dans l'univers soit uniquement des conséquences des causes à effets, et qu'il n'y a absolument rien d'autre à cela, pas de libre-arbitre (c'est-à-dire pas de possibilité de faire des choix, des pensées qui sortiraient de nulle part) alors c'est forcément du fatalisme.
Le fait que l'Histoire soit déjà écrite comme le prétend un fataliste ou qu'elle ne le soit pas, cela ne change rien. Si cause A + cause B => effet C alors C arrivera forcément (qu'il soit écrit à l'avance ou non) puisqu'il n'y a personne dans l'univers qui n'a la possibilité de faire de choix et donc d'influencer la mécanique céleste par des éléments non-causaux.
Si l'on admet le libre-arbitre alors effectivement on devient capable de faire des choix réels, c'est-à- dire des choix libres, c'est-à-dire des choix qui échappent à toute relation de causalité mathématique, alors effectivement dans ce cas l'effet C peut arriver ou peut ne pas arriver. Mais dans ce cas là on sort également du déterminisme car il y a quelque chose de plus que la grande mécanique universelle de causes à effets, et ce quelque chose est créateur de cause.
Si l'on nie l'existence du libre-arbitre et que tous nos choix ne sont que le produits de nos pensées qui sont elles-même rien de plus que la conséquence d'un nombre incalculable de paramètres de notre environnement, alors on ne peut que penser X dont la conséquence ne pourra que être Y (par principe de cause à effet déterministe), et donc Y est une fatalité. Le fait qu'il y ait un nombre incalculable de paramètres qui soit pris en compte pour aboutir à une conséquence ne signifie pas que cette conséquences pourrait avoir deux valeurs possibles.
Si il y a dix milliards de paramètres environnementaux à prendre en compte à l'instant t (t définit au millième de seconde) pour créer la conséquence C, alors quand ces dix milliards de paramètres se produisent il ne pourra que en résulter C. Et pas "soit C1, soit C2". Et si cette gigantesque mécanique ne pouvait QUE produire C alors il en était pareil pour les dix milliards de paramètres, et par logique déterministe l'ensemble (paramètre1, paramètre2, paramètre3, ........, paramètre 10 000 000 000) ne pouvaient QUE se produire à l'instant t défini au millième de seconde. --> Tout cela devait fatalement arriver. Si tout ce qui arrive dans l'Univers n'est que le fruit d'une gigantesque mécanique, alors Déterminisme entraine forcément fatalité.

Emmanuel 06/11/2018 00:06

Bonjour,

Merci pour votre article qui affiche clairement la volonté de démarquer le déterminisme du fatalisme. Pourtant, je ne comprends toujours pas. Je m'explique.
Si le déterminisme représente le fait que tout dans l'univers soit uniquement des conséquences des causes à effets, et qu'il n'y a absolument rien d'autre à cela, pas de libre-arbitre (c'est-à-dire pas de possibilité de faire des choix, des pensées qui sortiraient de nulle part) alors c'est forcément du fatalisme.
Le fait que l'Histoire soit déjà écrite comme le prétend un fataliste ou qu'elle ne le soit pas, cela ne change rien. Si cause A + cause B => effet C alors C arrivera forcément (qu'il soit écrit à l'avance ou non) puisqu'il n'y a personne dans l'univers qui n'a la possibilité de faire de choix et donc d'influencer la mécanique céleste par des éléments non-causaux.
Si l'on admet le libre-arbitre alors effectivement on devient capable de faire des choix réels, c'est-à- dire des choix libres, c'est-à-dire des choix qui échappent à toute relation de causalité mathématique, alors effectivement dans ce cas l'effet C peut arriver ou peut ne pas arriver. Mais dans ce cas là on sort également du déterminisme car il y a quelque chose de plus que la grande mécanique universelle de causes à effets, et ce quelque chose est créateur de cause.
Si l'on nie l'existence du libre-arbitre et que tous nos choix ne sont que le produits de nos pensées qui sont elles-même rien de plus que la conséquence d'un nombre incalculable de paramètres de notre environnement, alors on ne peut que penser X dont la conséquence ne pourra que être Y (par principe de cause à effet déterministe), et donc Y est une fatalité. Le fait qu'il y ait un nombre incalculable de paramètres qui soit pris en compte pour aboutir à une conséquence ne signifie pas que cette conséquences pourrait avoir deux valeurs possibles.
Si il y a dix milliards de paramètres environnementaux à prendre en compte à l'instant t (t définit au millième de seconde) pour créer la conséquence C, alors quand ces dix milliards de paramètres se produisent il ne pourra que en résulter C. Et pas "soit C1, soit C2". Et si cette gigantesque mécanique ne pouvait QUE produire C alors il en était pareil pour les dix milliards de paramètres, et par logique déterministe l'ensemble (paramètre1, paramètre2, paramètre3, ........, paramètre 10 000 000 000) ne pouvaient QUE se produire à l'instant t défini au millième de seconde. --> Tout cela devait fatalement arriver. Si tout ce qui arrive dans l'Univers n'est que le fruit d'une gigantesque mécanique, alors Déterminisme entraine forcément fatalité.

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