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LE VOYAGE PHILOSOPHIQUE

LE VOYAGE PHILOSOPHIQUE

Aliments pour une réflexion philosophique


HASARD ET LIBERTÉ

Publié par medomai sur 18 Janvier 2018, 22:45pm

Catégories : #PHILOSOPHIE, #HASARD, #LIBRE, #ARBITRE, #BERGSON, #KANT, #SPINOZA, #COMPATIBILISME, #INCOMPATIBLISME, #CONCEPT, #FIN, #ÉPAIS, #CAUSALITÉ, #CAUSE, #EFFET, #DÉTERMINISME, #MÉTAPHYSIQUE, #LOGIQUE, #NOUVEAUTÉ, #CONTINGENCE, #COÏNCIDENCE, #ALÉA, #MONDE, #INDÉTERMINISME, #VOLONTÉ, #DÉCISION, #LIBRE ARBITRE, #NÉCESSITÉ, #RESPONSABILITÉ, #IMPUTATION, #IMPUTABILITÉ, #ATTRIBUTION, #ACTION, #ACTE, #LIBERTÉ, #HOMME

  (Ce billet synthétise mes réponses faites à M. André Boulard, dont le site se trouve ici, sur le problème de l'existence du "libre arbitre") 

GIF ART ECOPHON ANIMOGRAPHE NOIR BLANC FORME PIVOTANTE
ecophon@tumblr.fr

 

 

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Puisque le déterminisme semble nier le libre arbitre, on s'imagine souvent qu'un monde indéterministe le rendrait possible.

 

Je n'en suis pas convaincu.

 

La nouveauté, l'imprévu, le hasard, bref l'innovation et l'indétermination dans une chaîne de causalité formeraient les bases métaphysiques sur lesquelles pourrait s'épanouir la liberté de la volonté humaine ?

 

Si l'idée d'une "hasardeuse nouveauté" me plaît, c'est pour elle-même. Mais elle ne résout, ce me semble, en rien la question.

 

Examinons l'hypothèse : en quoi un monde avec hasard serait-il plus accueillant au libre arbitre qu'un monde sans ? (on postule ici, ce qui reste à voir, qu'un monde déterministe exclut le libre arbitre).

 

Supposons un monde totalement indéterministe : si croire au hasard consiste à admettre des effets sans causes (ce qui aussi reste à voir), alors dans un monde de pur hasard, on ne pourra même plus imputer ses propres décisions à une volonté.

 

Car au moment de décider, je ne serais même plus assuré que l'instant suivant, ma volonté correspondrait à ce que j'ai décidé, puisqu'elle serait gouvernée par la nouveauté et le hasard ! Inversement, ayant décidé, je serais incapable d'affirmer que ma volonté en est la cause, car il se pourrait que ma décision ait été produite non par moi, mais par coïncidence. Et il arriverait sans cesse que je me trouve être soudain décidé à quelque chose, mais par hasard, sans l'avoir voulu, ni pouvoir rattacher ma décision nouvelle à quelque volonté antécédente.

 

Un monde de pure indétermination serait un vrai cauchemar, sans aucun libre arbitre.

 

Et on ne voit pas ce que changerait à ce problème un monde mixte (hasard + nécessité).

 

En somme, loin que l'hypothèse de la "nouveauté hasardeuse" résolve le problème, je prétends qu'elle le rend encore plus insoluble.


Explorons donc une autre voie.

 

Pourquoi ne pas renoncer à un concept "large", trop épais, du libre arbitre, pour lui préférer un concept "restreint", plus fin et précis ?

 

Certains philosophes, avec Kant et - paradoxalement - Spinoza, ont été conduits à présupposer (à mon avis à tort) que l'existence d'un libre arbitre chez un être suppose deux conditions : (1) l'aptitude à l'action volontaire, et (2) une volonté elle-même "cause première" - c'est-à-dire inconditionnée.

 

Mais pourquoi ne pas faire usage d'un concept plus limité ? Sera doté d'un "libre arbitre" tout être apte à l'action volontaire (que cette volonté ait ou non des causes antécédentes ne change rien à l'affaire ; d'ailleurs nous ne rencontrerons jamais d'événement inconditionné).


Mettons donc hors-circuit le problème des causes antécédentes de la volonté, c'est-à-dire entre parenthèses : c'est hors-sujet, car sans pertinence pour la question posée. Il me suffit en effet de savoir si l'être ou l'acte rencontré correspondent à mon concept restreint de libre arbitre pour trancher. Le concept est ici restreint à sa condition (1).

 

C'est d'ailleurs ce concept élémentaire et robuste que nous utilisons couramment dans nos représentations communes : nous différencions aisément, sans plus de réflexion théorique, les actes volontaires des comportements non-intentionnels.

 

Ainsi, vous et moi "capturons" aisément la différence entre le geste d'un homme qui, s'endormant, laisserait tomber avec fracas son livre au pied de son lit, de l'acte d'un autre qui, choisissant d'interrompre sa lecture, déciderait de le poser au même endroit. Si le geste du premier n'est ni volontaire ni libre, c'est que le sommeil en est la cause ; mais si l'acte du second est libre et volontaire, c'est parce que sa volonté en est la cause. La question de savoir si cette volonté a elle-même des causes ou des conditions qui l'ont rendue inéluctable ne nous intéresse pas ici : nous nous bornerons à constater, très simplement, que le comportement du deuxième homme est seul intentionnel, donc libre, et par suite nous jugerons que son auteur en est moralement responsable.


Cette solution peut certainement ne pas plaire à tout le monde. Il demeure qu'elle est logiquement impeccable. Et elle rend compatible libre arbitre et déterminisme.

 

 

GIF KERRYROAN TUMBLR ART ANIMOGRAPHE HASARD ROUGE ABSTRAIT NOIR
kerryroan@tumblr
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